Israël est le pays de tous les paradoxes. La démocratie y cohabite avec la théocratie ; des députés islamistes, résolument hostiles à toute idée d’un État juif, siègent à la Knesset ; des élus de l’extrême-droite prônent impunément l’expulsion des Arabes israéliens de leur terre natale ; des utopistes juifs rêvent de reconstituer le « Grand Israël ».
Cet ouvrage présente la carte politique actuelle du pays : la dislocation de la gauche, la mainmise de la droite, le centrisme, les ultrareligieux et extrémistes, les arabes et leurs dirigeants palestiniens ainsi que le parcours de Netanyahu et ses démêlés avec la justice.
L’auteur analyse, en particulier, la droitisation massive de l’électorat. Il fournit des clés de compréhension de ces paradoxes et, d’une façon plus générale, du phénomène de l’adhésion massive des plus démunis – en majorité séfarades – à deux partis : l’un nationaliste, le Likoud, et le second ultrareligieux, le Shas, pourtant directement responsables de leur précarité…
L’ouvrage dresse également le portait d’une société sous haute tension à l’identité fracturée, notamment par une « orientalisassions » de sa culture. Il s’attarde sur les revendications conflictuelles de la minorité arabe et des juifs ultra-orthodoxes, arbitres des combinaisons gouvernementales. Le contraste est saisissant entre ce désordre identitaire et une créativité artistique et technologique qui fait l’admiration du monde entier.